Il arrive parfois que je reste complètement perdu devant les mots de mon enfant. Il parle vite, avec son langage à lui, ses expressions, ses inventions… et je me retrouve à sourire, à hocher la tête, mais sans vraiment comprendre ce qu’il essaie de me dire. En gros, je ne comprends pas tout ce qu’il dit. Est-ce que ça vous arrive ?
Dans ces moments‑là, un petit miracle se produit : sa sœur intervient, naturellement, comme si elle possédait un dictionnaire secret du langage enfant. Elle comprend tout. Elle traduit tout. Elle explique mieux que moi ce que son frère veut, ce qu’il ressent, ce qu’il essaie d’exprimer. Je crois qu’elle est le pont entre mon enfant de moins de 3 ans et moi son parent.
Le langage enfant : un monde à part
Les enfants ont leur propre manière de communiquer. Ils utilisent :
- des mots inventés, que nous, avons du mal à comprendre,
- des phrases incomplètes, il faut lire entre les lignes pour comprendre,
- des gestes,
- des intonations,
- des références que seuls les enfants de leur âge comprennent.
Ce décalage d’âge crée un fossé naturel : eux parlent un langage enfant, nous parlons un langage adulte. Et parfois, ces deux mondes ne se rencontrent pas immédiatement. C’est vraiment deux mondes différents.
La fratrie comme pont de communication
Ce qui est fascinant, c’est que les enfants entre eux se comprennent instinctivement. Ils partagent :
- la même façon de jouer,
- la même imagination,
- les mêmes codes,
- les mêmes références du quotidien.
Alors, quand je ne comprends pas mon enfant, sa sœur devient un pont entre nous. Elle reformule, elle clarifie, elle traduit avec des mots simples, adaptés, accessibles. Elle sait exactement ce qu’il veut dire, parce qu’elle parle son langage.
Être parent, c’est apprendre à mieux appréhender leurs demandes
Ces situations me rappellent une chose essentielle : comprendre son enfant demande du temps, de l’observation et de l’humilité mais surtout de l’apprentissage approfondie.
Je dois parfois :
- écouter plus attentivement et essayer de comprendre,
- regarder ses gestes, lors qu’il essayer d’expliquer ses demandes,
- décoder ses émotions, à travers ces actes et gestes
- accepter que je ne comprends pas tout du premier coup,
- et même demander de l’aide… même à un autre enfant.
Ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est un signe d’amour. C’est reconnaître que leur monde est différent du nôtre, et que pour les comprendre, il faut parfois passer par quelqu’un qui parle leur langue.
Une belle leçon de parentalité
Finalement, ces moments me montrent que la parentalité n’est pas une question de perfection. C’est une question de connexion. Et si cette connexion passe parfois par la sœur qui traduit, alors c’est une richesse, pas un problème.
Parce qu’au fond, ce qui compte, c’est que mon enfant se sente entendu, compris, accompagné. Peu importe le chemin que prend la communication. L’essentiel c’est de le comprendre et satisfaire sa juste demande pour ne pas le voir s’énerver contre vous pour rien.
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